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OptionsStratégie22 June 2026 · By Équipe FX Research

Couvrir un appel d'offres pas encore gagné : le rôle des options

Vous remettez une offre en devises pour un contrat que vous n'avez pas encore gagné. Si vous le décrochez dans trois mois, vous serez exposé au change. Mais si vous prenez un contrat à terme et que vous perdez l'appel d'offres, vous vous retrouvez avec une couverture orpheline. La solution à ce risque « conditionnel » : l'option.

Voici une situation classique et inconfortable. Vous répondez à un appel d'offres international, prix libellé en dollars, décision attendue dans trois mois. Si vous gagnez, vous serez exposé au change jusqu'au paiement. Si vous vous couvrez tout de suite avec un contrat à terme et que vous perdez l'appel d'offres, vous restez engagé sur une couverture qui ne protège plus rien — et vous devrez la déboucler, potentiellement en perte. C'est le problème du risque « conditionnel ».

Pourquoi le contrat à terme est inadapté ici. Un contrat à terme est un engagement ferme : vous DEVEZ acheter ou vendre la devise à l'échéance, que le flux commercial existe ou non. Sur une exposition certaine, c'est parfait. Sur une exposition qui n'a peut-être pas lieu d'être — un contrat pas encore gagné — c'est précisément ce qu'il ne faut pas faire : vous transformez une incertitude commerciale en engagement financier ferme.

La solution : l'option. Une option vous donne le droit, mais pas l'obligation, de réaliser l'opération de change à un cours fixé. C'est exactement ce qu'il faut pour un flux incertain. Si vous gagnez l'appel d'offres, vous exercez l'option et vous êtes protégé. Si vous le perdez, vous laissez simplement l'option expirer : vous ne perdez que la prime payée au départ, jamais davantage.

Contrat à terme sur un flux incertain
Engagement ferme → risque si l'offre est perdue
Option sur le même flux
Droit sans obligation → on laisse expirer
Perte maximale avec l'option
La prime payée, rien de plus
Adapté à
Tout risque conditionnel (offres, projets)

L'alternative publique pour les exportateurs. Pour cette situation précise — la phase d'offre — il existe aussi l'assurance-change proposée par Bpifrance pour le compte de l'État, qui garantit un cours dès la remise de l'offre, sans engagement ferme si le contrat n'est pas remporté. C'est une option à comparer avec une option bancaire classique, selon les conditions et les coûts de chacune.

La limite à intégrer : la prime a un coût. Contrairement au contrat à terme (qui ne coûte pas de prime), l'option se paie. Ce coût doit être mis en regard de la probabilité de gagner l'appel d'offres et de l'enjeu : sur un gros contrat avec une chance raisonnable de l'emporter, la prime est une assurance justifiée. Sur une multitude de petites offres à faible probabilité, le cumul des primes peut peser : il faut alors arbitrer.

La bonne pratique en deux temps. Pendant la phase d'offre (flux incertain), on se protège avec une option ou une assurance-change. Une fois le contrat signé (le flux devient certain), on peut basculer vers un simple contrat à terme, moins coûteux, pour la durée restante. On adapte ainsi l'outil au degré de certitude du flux, à chaque étape.

Règle simple : flux certain → contrat à terme ; flux incertain (offre, projet conditionnel) → option ou assurance-change. Poser un engagement ferme sur un flux qui n'existe pas encore est l'une des erreurs les plus coûteuses en gestion de change.

Notre conviction. Le risque conditionnel est mal géré par beaucoup d'entreprises, qui oscillent entre deux erreurs : ne rien faire (et subir le change si elles gagnent) ou se couvrir fermement (et se retrouver piégées si elles perdent). L'option est l'outil fait pour cette zone d'incertitude. Bien utilisée, et combinée à une bascule en contrat à terme une fois le contrat signé, elle permet de répondre sereinement à des appels d'offres en devises sans transformer chaque candidature en pari de marché.

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