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Gestion de trésorerieMéthode28 August 2026 · By Équipe ELEGG Finance · 8 min read

Trésorerie dormante : le calcul du coût, et le seuil à partir duquel il faut agir

Laisser 3 millions d'euros sur un compte courant non rémunéré n'est pas une décision neutre : c'est un coût annuel chiffrable, comparable à une charge d'exploitation. Comment le calculer, et où placer le curseur de la poche de sécurité.

Une trésorerie qui dort ne produit pas de perte comptable. Elle produit un manque à gagner, qui n'apparaît nulle part dans les comptes et n'est donc jamais discuté en comité. C'est la seule charge significative d'une direction financière qui ne figure sur aucune ligne du compte de résultat.

Le calcul, en trois lignes

Solde moyen non rémunéré sur 12 mois
2 800 000 €
moyenne des soldes quotidiens, pas le solde de clôture
Taux de placement court accessible
2,00 %
compte à terme ou monétaire
Manque à gagner brut
56 000 €
par an
Manque à gagner net d'IS à 25 %
42 000 €
l'équivalent d'un poste
Le piège du solde de clôture

Le chiffre à utiliser est la moyenne des soldes quotidiens, jamais le solde au dernier jour du mois. Un solde de clôture flatteur peut masquer une moyenne très inférieure — ou l'inverse, ce qui est plus fréquent lorsque les gros encaissements tombent en début de mois.

Découper la trésorerie en trois poches

La question n'est pas « faut-il tout placer » mais « quelle part est réellement immobilisable, et pour combien de temps ». La segmentation en trois poches répond directement à cette question.

PocheFonctionDimensionnementSupport
ExploitationAbsorber les décalages d'encaissement du moisPic de décaissement hebdomadaire × 1,5, lu dans le cash forecastCompte courant, compte rémunéré
PrécautionAbsorber un aléa : défaillance client, litige, retard de financement1 à 3 mois de décaissements fixesMonétaire, liquidité quotidienne
StableCe qui n'a aucune raison d'être mobilisé avant 12 moisLe resteCompte à terme échelonné, monétaire
Le dimensionnement de la première poche sort directement du prévisionnel à 13 semaines. Sans prévisionnel, il est arbitraire — et systématiquement surestimé.

C'est le point de méthode le plus important : sans cash forecast, la poche d'exploitation est fixée « au feeling », et l'expérience montre qu'elle l'est très largement au-dessus du besoin. Le prévisionnel ne sert pas seulement à anticiper les difficultés, il sert à libérer de la trésorerie placée à tort en position d'attente.

Le cas particulier des devises

Un excédent durable sur un compte en dollars pose une question supplémentaire : le placer en dollars, ou le convertir. Les deux branches se comparent sur trois éléments — le taux de rémunération dans chaque devise, le coût de la conversion aller, et l'existence de décaissements futurs dans cette devise.

  • S'il existe des décaissements futurs en dollars : conserver et placer en dollars est presque toujours préférable, puisque convertir puis reconvertir fait payer deux fois la marge de change.
  • S'il n'en existe aucun : la conversion se justifie, et le moment de la conversion devient une décision de change à part entière, qui gagne à être encadrée par la politique plutôt que laissée à l'appréciation du jour.

Le seuil d'action

Un critère simple : si le manque à gagner net dépasse le coût complet du temps nécessaire pour y remédier, il faut agir. Pour une entreprise avec un excédent stable de 1 million d'euros, le manque à gagner net est de l'ordre de 15 000 euros par an — très au-dessus des quelques heures que demandent l'ouverture d'un compte à terme et la mise en place d'un échelonnement.

En dessous de 300 000 euros d'excédent stable, l'arbitrage devient discutable et dépend du coût de gestion interne. Au-dessus de 500 000 euros, l'inaction est une décision qui devrait être formellement assumée en comité, pas subie par défaut.

Un diagnostic de trésorerie et de change

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Frequently asked questions

The questions finance departments ask most often on this topic

Combien faut-il laisser sur le compte courant d'une entreprise ?

Le montant se déduit du prévisionnel de trésorerie : le pic de décaissement hebdomadaire des prochaines semaines, majoré d'une marge de sécurité de l'ordre de 50 %. Tout ce qui dépasse durablement ce niveau relève d'une poche de précaution ou d'un placement. En l'absence de prévisionnel, ce montant est fixé arbitrairement, et il l'est presque toujours trop haut.

Un compte à terme bloque-t-il vraiment les fonds ?

La plupart des comptes à terme d'entreprise prévoient une sortie anticipée, moyennant une pénalité de rendement — le capital reste garanti mais les intérêts sont réduits ou annulés. L'échelonnement de plusieurs comptes à terme d'échéances différentes permet de conserver une porte de sortie régulière sans subir la pénalité.

Faut-il raisonner en rendement brut ou net d'impôt sur les sociétés ?

En net, toujours. Les produits financiers d'une société sont intégrés au résultat imposable : à 25 %, un rendement brut de 3 % ne laisse que 2,25 % dans l'entreprise. Comparer un placement à un coût de financement exprimé en brut, ou l'inverse, fausse systématiquement l'arbitrage.

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