Prix d'une option de change : comment vérifier la prime qu'on vous facture
Six paramètres entrent dans une prime d'option de change. Cinq sont vérifiables en quelques minutes. Le sixième explique presque tout l'écart entre le prix théorique et le prix facturé.
Une option de change vous donne le droit, sans l'obligation, d'échanger un montant à un cours fixé. C'est le seul instrument qui protège à la baisse en laissant la hausse ouverte, et c'est la raison pour laquelle il se paie — sous forme de prime.
Cette prime est calculable. Six paramètres y entrent, et leur inégalité de vérifiabilité explique l'essentiel de ce qui se joue.
Les six paramètres, par ordre de vérifiabilité
| Paramètre | Ce qu'il est | Vérifiable par vous ? |
|---|---|---|
| Cours au comptant | Le cours médian du marché à l'instant de la cotation | Immédiatement |
| Prix d'exercice (strike) | Le cours auquel vous pourrez exercer | Il figure sur la proposition |
| Échéance | La durée de vie de l'option | Elle figure sur la proposition |
| Taux de la devise de base | Le taux d'intérêt de l'euro sur la durée | Donnée de marché publique |
| Taux de la devise de cotation | Le taux d'intérêt de l'autre devise | Donnée de marché publique |
| Volatilité implicite | L'amplitude de variation anticipée par le marché | Difficilement — et c'est tout le sujet |
C'est l'asymétrie centrale du marché des options de change pour une entreprise. Vous pouvez contrôler cinq paramètres et constater qu'ils sont corrects, et payer malgré tout une prime sensiblement supérieure au prix de marché — parce que la volatilité retenue pour la calculer n'est pas celle que la banque paie elle-même.
Le modèle : Garman-Kohlhagen
Le modèle de référence sur le change est Garman-Kohlhagen, une adaptation de Black-Scholes qui tient compte des deux taux d'intérêt d'une paire de devises — ce que Black-Scholes, conçu pour les actions, ne fait pas.
Vous n'avez pas besoin de savoir le résoudre à la main. Ce qu'il faut retenir, c'est ce que chaque paramètre fait au prix :
- Plus l'échéance est longue, plus la prime est élevée : le marché a plus de temps pour bouger.
- Plus la volatilité implicite est élevée, plus la prime est élevée : l'amplitude anticipée est plus grande.
- Plus le prix d'exercice est éloigné du cours actuel dans le sens qui vous protège, moins la prime est élevée : la protection commence plus loin.
- Les deux taux d'intérêt décalent le cours à terme de référence, donc le point autour duquel l'option se valorise.
Le test en trois questions
- 1Quelle volatilité avez-vous retenue ?
La question se pose directement, et la réponse doit être un nombre. Une banque qui cote une option de change connaît cette valeur : elle est au cœur de son propre calcul. Un refus ou une réponse évasive est en soi une information.
- 2Quel est le prix du terme simple sur le même nominal et la même échéance ?
Il vous donne le point de comparaison. Une option coûte nécessairement plus qu'un terme, puisqu'elle laisse la hausse ouverte. Mais l'écart entre les deux se chiffre, et il doit rester proportionné à la protection réellement obtenue.
- 3Que devient la prime si je décale le strike de 1 % ?
Demandez deux ou trois cotations à des strikes différents. La façon dont la prime varie révèle la cohérence de la cotation : une prime qui bouge peu quand le strike s'éloigne beaucoup signale une volatilité généreusement retenue.
Pourquoi les entreprises paient trop sur l'optionnel
Trois raisons se combinent, et aucune n'est un mystère.
- La prime est un montant unique, versé une fois. Psychologiquement, elle se compare à un coût d'assurance, pas à un prix de marché — et on discute rarement le prix d'une assurance au centime.
- La volatilité n'est pas une donnée que les entreprises suivent. Elles suivent les cours de change, qu'elles voient tous les jours, pas la volatilité implicite, qu'elles ne voient jamais.
- L'option est souvent présentée comme le produit « prudent » par opposition aux structures à barrière. Ce cadrage est exact sur le risque, et il désarme la discussion sur le prix.
Le meilleur réflexe n'est pas de renoncer aux options : sur un flux conditionnel — un appel d'offres non gagné, une commande sous condition — elles restent le seul instrument adapté, parce que leur perte maximale est bornée à la prime. Le bon réflexe est de les payer au bon prix.
Le cas des options « gratuites »
Quand une proposition combine une option achetée et une option vendue de façon que les primes s'annulent, on obtient un tunnel ou un forward participatif. L'absence de prime ne supprime pas le calcul : elle le déplace. Chaque jambe garde une valeur propre, et l'écart entre les deux est la rémunération de la banque.
C'est le cas où la vérification a le plus de valeur, précisément parce qu'aucun montant ne circule et que rien n'invite à vérifier.
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Questions fréquentes
Les questions que posent le plus souvent les directions financières sur ce sujet
Comment est calculé le prix d'une option de change ?
Par le modèle de Garman-Kohlhagen, qui adapte Black-Scholes au change en intégrant les taux d'intérêt des deux devises. Les six paramètres sont le cours au comptant, le prix d'exercice, l'échéance, les deux taux d'intérêt et la volatilité implicite. Les cinq premiers sont vérifiables rapidement ; le dernier est celui qui détermine l'essentiel du prix.
Qu'est-ce que la volatilité implicite et pourquoi est-elle décisive ?
C'est l'amplitude de variation que le marché anticipe sur la paire jusqu'à l'échéance, telle qu'elle ressort des prix cotés. Elle est décisive parce que la prime y est très sensible et qu'une entreprise n'a généralement pas accès aux niveaux cotés entre banques : c'est donc le paramètre où un écart passe le plus facilement inaperçu.
Une option de change coûte-t-elle plus cher qu'un contrat à terme ?
Oui, nécessairement, puisqu'elle apporte quelque chose de plus : elle protège à la baisse tout en laissant la hausse ouverte, alors que le terme fige le cours dans les deux sens. La question utile n'est pas de savoir si elle coûte plus cher, mais si l'écart entre les deux est proportionné à la protection réellement obtenue — ce qui se chiffre.
Quand une option est-elle préférable à un contrat à terme ?
Principalement sur les flux conditionnels : un appel d'offres non attribué, une commande sous condition suspensive, un volume incertain. Un terme ferme sur un flux qui ne se matérialise pas devient une position ouverte, alors qu'une option non exercée ne coûte que sa prime. C'est une question de nature du flux, pas de vue sur le marché.
Peut-on connaître la volatilité utilisée par sa banque ?
Vous pouvez la demander, et la question est légitime puisqu'elle est au cœur du calcul que la banque vient de faire. Vous pouvez aussi la reconstituer : en repartant de la prime proposée et des cinq autres paramètres, il est possible de retrouver la volatilité qui produit exactement ce prix, puis de la comparer aux niveaux de marché. C'est ce que fait notre pricer.
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