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Risque de changeMéthode19 septembre 2026 · Par Équipe ELEGG Finance · 10 min de lecture

Lire un term sheet de change : les huit lignes qui déterminent le prix

Une proposition de couverture tient en une page et comporte une trentaine de lignes. Huit d'entre elles déterminent le prix ; les autres sont du décor juridique. Comment les repérer et ce que chacune change.

Votre banque vous envoie une page intitulée « indication de prix » ou « term sheet ». Elle contient une trentaine de lignes, un vocabulaire anglais partiellement traduit, et parfois un graphique. La question pratique est simple : sur quoi faut-il s'arrêter ?

Huit lignes déterminent le prix. Les repérer prend deux minutes une fois qu'on sait ce qu'on cherche.

Les huit lignes qui comptent

  1. 1
    La paire et le sens

    Achat ou vente, et de quelle devise. C'est la ligne qui décide du signe de tout le reste. Une erreur de sens ici rend la vérification du prix sans objet — et elle arrive, notamment quand la proposition est rédigée du point de vue de la banque et non du vôtre.

  2. 2
    Le nominal

    Le montant couvert, et dans quelle devise il est exprimé. Sur les structures à jambes multiples, vérifiez que le nominal est identique sur chaque jambe : un nominal doublé sur la jambe défavorable est le mécanisme d'effet de levier le plus courant.

  3. 3
    La date de valeur et l'échéance

    La durée exacte de l'opération, qui détermine les points de terme. Une échéance décalée de quelques semaines par rapport à votre flux réel vous obligera à une prorogation, qui se cote et se paie.

  4. 4
    Le cours garanti, le strike ou le cours à terme

    Le chiffre central. C'est celui que vous comparez au prix théorique. Sur une structure, il y a plusieurs niveaux : chacun se vérifie séparément.

  5. 5
    La prime

    Payée, reçue, ou nulle. Une prime nulle n'indique pas un produit gratuit : elle indique que la rémunération est ailleurs, dans le niveau des cours garantis.

  6. 6
    Les barrières

    Niveau, type — knock-in ou knock-out — et surtout mode d'observation : en continu, ou seulement à certaines dates ? Une barrière observée en continu est bien plus susceptible d'être touchée qu'une barrière observée à l'échéance, et elle vaut donc nettement moins cher à la banque.

  7. 7
    Le calendrier des constatations

    Sur les accumulateurs et les produits à échéances multiples, le nombre de dates et leur espacement déterminent l'essentiel de la valeur. Une ligne discrète comme « constatations hebdomadaires sur 52 semaines » décrit en réalité 52 opérations, pas une.

  8. 8
    Les clauses de résiliation et d'appel de marge

    Ce qui se passe si vous voulez sortir avant l'échéance, et si un dépôt de garantie peut vous être demandé en cours de vie. Ce n'est pas du prix, c'est du risque de trésorerie — et c'est la ligne la plus souvent découverte trop tard.

L'ordre de lecture

Les huit lignes ne se lisent pas dans le désordre. Les quatre premières décrivent ce que vous couvrez ; les trois suivantes décrivent le prix ; la dernière décrit ce que vous supporterez si le marché bouge. Une proposition qui reste floue sur la huitième mérite une question écrite avant signature.

Le vocabulaire, traduit

Sur la propositionCe que cela veut direCe que cela change pour vous
Notional / NominalLe montant couvertLa base de tout calcul de marge
StrikeLe prix d'exercice de l'optionLe cours que vous êtes assuré d'obtenir
Protection rateLe cours plancher garantiVotre pire cas, si la structure tient
Enhanced rate / cours amélioréUn cours plus favorable, sous conditionIl n'est jamais offert : quelque chose le finance
Knock-outLa protection disparaît si la barrière est touchéeVous redevenez exposé, souvent au pire moment
Knock-inLa protection n'existe que si la barrière est touchéeVous pouvez n'avoir aucune protection du tout
Leverage / RatioUn multiplicateur sur une des jambesVotre engagement peut dépasser votre flux réel
Zero-cost / sans primeAucune prime verséeLa rémunération est logée dans les cours
Les trois dernières lignes sont celles qui transforment une couverture en position. Elles méritent une lecture lente.

Les trois questions à poser par écrit

  1. Quel est le cours à terme simple, sans option ni barrière, sur le même nominal et la même échéance ? C'est votre point de comparaison, et il est toujours disponible. Un refus de le communiquer est en soi une information.
  2. Quelle est la perte maximale de cette structure si le marché évolue défavorablement, chiffrée en euros ? Si la réponse n'est pas un nombre, la structure n'est pas bornée.
  3. Un appel de marge est-il possible en cours de vie, et selon quel déclencheur ? La réponse engage votre trésorerie, pas seulement votre marge.

Demander ces trois réponses par écrit ne relève pas de la défiance : c'est la trace dont vous aurez besoin si le produit se comporte autrement que vous l'aviez compris, et c'est également ce que votre commissaire aux comptes cherchera dans votre documentation de couverture.

Ce qui ne compte pas

Le reste de la page — définitions des termes, conventions de place, clauses de force majeure, mentions réglementaires — est du standard de marché. Il est important juridiquement, il ne varie pratiquement jamais d'une contrepartie à l'autre, et il ne contient pas de prix. Ne lui consacrez pas le temps que méritent les huit lignes ci-dessus.

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Questions fréquentes

Les questions que posent le plus souvent les directions financières sur ce sujet

Qu'est-ce qu'un term sheet de change ?

C'est le document par lequel une banque décrit une proposition de couverture avant sa conclusion : paire, sens, nominal, échéance, cours garantis, éventuelles barrières et conditions. Il n'a en général pas de valeur d'engagement ferme — c'est une indication de prix — mais il décrit précisément le produit qui vous sera vendu.

Comment savoir si le prix d'un term sheet est correct ?

En recalculant le prix théorique de la structure à partir des paramètres de marché du moment : cours comptant, courbes de taux des deux devises et volatilité implicite pour les composantes optionnelles. L'écart entre ce prix théorique et le cours garanti proposé est la marge. Sur un terme simple, le calcul est une division ; sur une structure à barrière, il demande un modèle.

Que signifie « zero-cost » ou « sans prime » sur une proposition ?

Qu'aucune prime n'est versée à la mise en place, parce que les jambes optionnelles achetées et vendues ont été calibrées pour s'annuler. Cela ne veut pas dire que le produit est gratuit : la rémunération de la banque a été déplacée dans le niveau des cours garantis, où elle ne se lit qu'en repriçant chaque jambe séparément.

Quelle est la ligne la plus dangereuse d'un term sheet ?

Le ratio ou effet de levier, quand il existe, suivi de près par le mode d'observation des barrières. Un nominal multiplié sur la jambe défavorable signifie que votre engagement peut dépasser le flux commercial que vous couvrez — la couverture devient alors une position. Une barrière observée en continu plutôt qu'à l'échéance change également beaucoup la probabilité d'être touchée.

Peut-on demander à sa banque le prix du terme simple équivalent ?

Oui, et cette demande est légitime : c'est le point de comparaison naturel de toute structure. La différence entre le cours garanti de la structure et ce cours à terme simple chiffre ce que la structure vous coûte réellement en échange de ses conditions. Un refus de communiquer ce cours est en soi une information.

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